3. Le Tadjikistan indépendant
Pour le Tadjikistan, les premières années d'indépendance ont constitué une période tragique, durant laquelle une guerre civile – particulièrement virulente en 1992 puis larvée jusqu'en 1997 – s'est soldée par plus de 50 000 victimes. Cette guerre civile a profondément déstructuré l'organisation politique, économique et identitaire du pays. Aujourd'hui, la situation du Tadjikistan peut être considérée comme une situation de post-guerre civile tout autant que de post-soviétisme. Le conflit tadjik a mis en évidence une structuration des identités partisanes et communautaires que l'on retrouve, à maints égards, dans les autres pays d'Asie centrale sans qu'elles débouchent pour autant sur des conflits armés.
• Contexte de développement de la guerre civile
Après les années de perestroïka, le Tadjikistan faisait figure, au sein de l'ex-U.R.S.S., de pays parmi les plus en pointe en matière de liberté d'expression et de réformes démocratiques. Des partis d'opposition, démocrates (Parti démocratique), nationaliste (mouvement Rastakhiz) et islamistes (Parti de la renaissance islamique, P.R.I.), ont ainsi pu s'exprimer sur la scène publique, participer à des élections et siéger au Parlement. Cependant, les élections et l'apparition d'une opposition islamiste et démocrate vont déboucher sur une série de conflits armés. Cette transformation du jeu politique pacifique a été rendue possible par un engagement partisan des organes de sécurité interne tout autant que par le refus, par certaines des parties, de valider le résultat des urnes : les institutions de sécurité intérieure sont devenues des acteurs de la lutte partisane ou ont adopté une position de neutralité.
Cette crise des institutions et des formes de régulation démocratique de la passation des pouvoirs trouve également son origine dans les modalités de répartition des espaces politiques et économiques issus de la période soviétique, sur des bases régionales : Parimiri, Kouliabi, Khodjandi. Ceux-ci, c […]
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