Sargon est la transcription hébraïque de l'assyrien Sharrou-ken, nom de règne signifiant « roi légitime » (Isaïe xx, 1). Ce nom fut probablement choisi en mémoire de deux anciens rois d'Assyrie, en particulier Sargon d'Akkad dit l'Ancien.
L'ascendance de Sargon II est partiellement entourée de mystère mais il est probablement l'un des plus jeunes fils de Téglath-Phalasar III et donc le frère de son prédécesseur Salmanasar V, lequel serait mort d'une façon ignominieuse ou aurait été déposé. Sargon a la lourde tâche de poursuivre les conquêtes de son père et de consolider l'administration de l'empire que ce dernier a commencé à assembler.
Dès son avènement, il se trouve immédiatement confronté à trois insurrections majeures. Les tribus chaldéennes et araméennes, guidées par Mardouk-apal-iddin II (le Mérodach-Baladan de la Bible), ont en effet profité du changement de souverain pour s'emparer en 720 des régions marécageuses du sud de la Babylonie. Le royaume de l'Urartu et les peuples septentrionaux des hauteurs arméniennes se soulèvent eux aussi contre le souverain assyrien. La domination de Sargon est par ailleurs contestée en Syrie et en Palestine. Il doit donc défendre ces territoires, conquis pour la plupart par Téglath-Phalasar III, mais aussi étendre son royaume afin d'asseoir la puissance du dieu Assour, dieu national de l'Empire assyrien. Il regagne ainsi le contrôle de la Syrie et de la Palestine entre 720 et 722, puis vainc l'Urartu en 714. Il reprend enfin la Babylonie à Mardouk-apal-iddin vers 709. Par ailleurs, il étend son empire sur les Mèdes, Chypre, qui lui verse tribut, et la ville hittite de Karkémish (717).
Lorsque Sargon monte sur le trône, Mardouk-apal-iddin décrit sa victoire sur les envahisseurs assyriens sur un cylindre d'argile qu'il dépose dans la ville d'Uruk (mentionnée dans la Bible sous le nom d'Erech). La présence de ce témoignage écrit ne plaît visiblement pas à Sargon. Après s'être affranchi de ses autres responsabilités, il déterre le cylindre de Mardouk-apal-iddin e […]
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