Née au Brésil, cette danse de salon révèle sa double origine noire et créole. Le nom proviendrait d'un terme africain, semba, qui signifie « danse » chez les populations noires riveraines du Zambèze, mais certains spécialistes affirment qu'elle était originellement baptisée Umbigada (« coup de nombril ») et que le mot dérive du bantou semba qui, cette fois, signifie « nombril ». La samba est écrite sur une mesure à 2/4, de tempo assez vif ; elle comprend un groupe de trois valeurs syncopées sur le premier temps du chant (soprano) ; par son exécution, elle est proche de la rumba, bien que son rythme, discontinu et syncopé, soit nettement plus dynamique et plus rapide. La samba naît à Bahia, au nord-est du Brésil, et fait partie des rites du Candomblé. Elle est ensuite introduite à Salvador, São Paulo et Rio de Janeiro où elle est appelée Carioca. Au Brésil, elle comporte plusieurs pas caractéristiques (dont le va e vien, le balao, la corta jaca) et des variantes locales. Elle fut importée en France vers 1920. Darius Milhaud
, qui a séjourné au Brésil, a écrit plusieurs sambas dans son œuvre, dont celle de Scaramouche (pour deux pianos) ; il ne cachait pas son admiration pour les compositeurs brésiliens de sambas, tels que Tupynamba et Ernesto Nazareth (1863-1934) : « La richesse rythmique, la fantaisie indéfiniment renouvelée, la verve, l'entrain, l'invention mélodique d'une imagination prodigieuse, qui se trouvent dans chaque œuvre de ces deux maîtres, font de ces derniers la gloire et le joyau de l'art brésilien. »
Photographie
Darius Milhaud Le pianiste et compositeur français Darius Milhaud dans les studios de la B.B.C. à Londres, en 1969.
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Aujourd'hui, pour le carnaval de Rio, toutes les écoles de samba descendent des favelas et défilent au sambodrome. Un jury désigne la meilleure d'entre elles, qui remporte alors le titre convoité de championne de l'année.
La samba « standard », enseignée dans les écoles de danse de salon ou pratiquée lors des compétitions de danse sportive, n'a que peu de chose en commun avec la samba brésilienne.
Pierre-Paul LACAS
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