Poète mexicain précurseur du modernisme, Díaz Mirón publie en 1886 un cahier de poésies qui a un retentissement dans toute l'Amérique latine. En 1889, Rubén Darío le salue pour son esprit libertaire et lui dédie en 1890 un Medallón dans sa nouvelle édition d'Azul. Díaz Mirón renie par la suite cette première époque lyrique, influencée par le romantisme de Byron et de Victor Hugo ; Sursum, A Gloria, Voces interiores illustrent cette manière. Le poète se propose alors d'être un tribun, un prophète, un révolutionnaire. Malgré son art social, ses hyperboles, ses réflexions aphoristiques, il choisit la position de poète solitaire, individualiste et rebelle. Sa poésie, riche en allusions mythologiques et historiques, séduisit les modernistes. Son œuvre fondamentale, l'unique selon l'auteur, est Lascas (1901) dont les vers sont empreints de sérénité, de délicatesse, dévoilant l'évolution intérieure du poète, qui exprime sa solitude par des jeux d'accents et de rythmes. L'émotion, qui était l'élément central dans sa poésie antérieure, cède le pas à la recherche formelle ; Díaz Mirón en revient à la syntaxe latine, il supprime dans la phrase les particules grammaticales qui ne sont pas accentuées, il enrichit la rime. Les poésies de sa dernière époque (1902-1908), qui ont été recueillies par Antonio Castro pour l'édition des Poesías completas (1941), confirment sa virtuosité ; d'autres poésies comme Éclisses et triomphes (Astillas y triunfos), figurent dans différentes anthologies.
Sylvie LÉGER
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