Le génie de Rudolf Serkin se dissimule derrière une biographie d'une trompeuse simplicité et d'un mutisme rare. Aucun accident passionnel, aucun de ces coups d'éclat qui bouleversent les foules ne vient déranger l'ordonnancement d'une vie tout entière dédiée à la seule musique. Digne des classiques, cette carrière d'artisan chambriste, modeste et orgueilleux. Classique encore ce répertoire qui n'accueille qu'un petit nombre d'œuvres solidement construites, qui fuit tout à la fois les épanchements pathétiques d'un certain romantisme et les aventures harmoniques et rythmiques du xxe siècle. Classique toujours ce refus des séductions faciles, ce jeu sans concession qui ose revendiquer jusqu'à l'austérité. Mais, derrière la fermeté de l'architecture, l'infaillibilité du style et la perfection digitale percent la quête anxieuse du message, la passion de la grandeur, l'exigence jamais satisfaite. Sous la maîtrise de la forme, Rudolf Serkin, infatigablement, questionne la musique.
Rudolf Serkin naît le 28 mars 1903 à Eger, en Bohême, ville qui appartient alors à l'Empire austro-hongrois (aujourd'hui Cheb, en [… ]
Autres références
« SERKIN RUDOLF (1903-1991) » est également traité dans :
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BUSCH ADOLF (1891-1952)
Auteur :
Pierre BRETON
: Paul Grümmer (1913-1930) et son élève, Hermann Busch (1930-1952), frère cadet d'Adolf Busch. *En 1920, Adolf Busch découvre les dons inouïs et la renversante maîtrise d'un pianiste de dix-sept ans à peine, Rudolf Serkin. Le coup de foudre musical est réciproque et définitif. Le jeune homme s'installe dans la famille Busch, multiplie les…
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Bibliographie
D. Elder, Pianists at Play : Interviews, Master Lessons, and Technical Regimes, Instrumentalist, Evanston (Illinois), 1982
S. Lehmann & M. Faber, Rudolf Serkin : a Life, Oxford Univ. Press, Oxford-New York, 2003
T. Potter, Adolf Busch : The Life of an Honest Musician, Toccata Press, Londres, 2002.
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Discographie sélective
J.-S. Bach, les six Concertos brandebourgeois, Busch Chamber Players, dir. Adolf Busch (1935)
Cinquième Concerto brandebourgeois, avec Adolf Busch, Marcel Moyse (1935)
B. Bartók, Premier Concerto pour piano, Columbia Symphony Orchestra, dir. George Szell (1962)
L. van Beethoven, Cinquième Concerto pour piano « L’Empereur », Orchestre philharmonique de New York, dir. Bruno Walter (1941)
Quatrième Concerto pour piano, Orchestre symphonique de la N.B.C., dir. Arturo Toscanini (1944)
Sonates pour piano nos 30, 31, 32 (1987)
les cinq Sonates pour violoncelle et piano, avec Pablo Casals (1951 et 1953)
Thème et trente-trois Variations sur un thème de valse de Diabelli (1957)
J. Brahms, les deux Quatuors avec piano, avec des membres du quatuor Busch (1932 et 1949)
les deux Concertos pour piano, Orchestre de Cleveland, dir. George Szell (1966 et 1968)
Trio pour piano, violon et cor, avec Adolf Busch et Aubrey Brain (1933)
F. Mendelssohn, les deux Concertos pour piano, Orchestre de Philadelphie, dir. Eugene Ormandy (1959)
W. A. Mozart, Concertos pour piano nos 9, 11, 12, 20 et 23, Orchestre du festival de Marlboro, dir. Alexander Schneider (1956-1958)
Concerto pour piano n0 14, Busch Chamber Players, dir. Adolf Busch (1938)
Concertos pour piano nos 18, 19, 20, 21, 24, Orchestre symphonique de Londres, dir. Claudio Abbado (1986, 1983, 1981, 1982 et 1985)
M. Reger, Concerto pour piano, Orchestre de Philadelphie, dir. Eugene Ormandy (1959)
F. Schubert, Deuxième Trio pour piano, violon et violoncelle, avec Adolf Busch et Hermann Busch (1935 et 1951).
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