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SERKIN RUDOLF (1903-1991)

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2.  Un pianiste solaire

On connaît à Rudolf Serkin quelques incursions dans la musique du xxe siècle : une sonate d'Adolf Busch, une sonate de Bohuslav Martinů qui lui est dédiée (1957), un trio d'Artur Schnabel. Il lui arrivait, en concert, d'aborder Chopin, Debussy ou Ravel. Mais comment ne pas être frappé par sa discographie, dont l'extraordinaire cohérence ne peut être le fait du hasard mais traduit, si ce n'est une volonté consciente, du moins un irrésistible instinct ? Nous n'y trouverons ni Rachmaninov, ni Chopin, ni Liszt. Jorge Bolét racontait que, prenant la succession de Rudolf Serkin au Curtis Institute, il avait trouvé le portrait du musicien hongrois face contre le mur, dans un placard à balais ! Voilà un assassinat rituel de la virtuosité et de l'emphase bien révélateur. Schumann est certes présent, mais aucune des grandes pages écrites pour piano seul. Schubert revient souvent ainsi que Mendelssohn et ses élans contrôlés. Rudolf Serkin n'est pas le pianiste de la folie. Le xxe siècle n'est présent qu'avec discrétion : le Premier Concerto de Bartók (enregistré à deux reprises en 1962 : avec George Szell et le Columbia Symphony Orchestra ; avec Eugene Ormandy et l'Orchestre de Cleveland), le Quatrième Concerto de Prokofiev et le Burlesque de Richard Strauss (Eugene Ormandy à la tête de l'Orchestre de Philadelphie, 1955 et 1966), quelques pages de Max Reger. De musique française, point. Si l'absence de Fauré et de Debussy ne surprend pas, celle de Ravel, dont il semble si proche, reste mystérieuse. Bach n'est pas oublié mais il paraît abandonné dès les années 1950. En bonne place figure le Brahms des concertos et de la musique de chambre, mais presque toutes les œuvres pour piano seul sont évitées. Beethoven est à l'évidence – et cette fois avec les sonates pour piano – son musicien d'élection, avec Mozart et ses concertos, inlassablement joués et rejoués et dont il est l'un des rares à savoir éveiller l'essentielle beauté.

Il y a chez Rudolf Serkin une sorte de refus de la séduction. D'abord la lettre stricte de la partition, puis la clarté absolue de la structure et des lignes, ensuite cette tension interne qui porte l'œuvre, enfin, et seulement alors, cette simplicité lumineuse, cette sonorité solaire reconnaissable entre mille. Rudolf Serkin osera la dureté, la vitesse et ses risques, la véhémence inattendue, la nudité de l'expression si elles conduisent à la vérité de l'œuvre. À ces hauteurs, seuls les plus grands ont pu joindre leur voix à la sienne.

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BUSCH ADOLF (1891-1952)

Écrit par :  Pierre BRETON

…  : Paul Grümmer (1913-1930) et son élève, Hermann Busch (1930-1952), frère cadet d'Adolf Busch. *En 1920, Adolf Busch découvre les dons inouïs et la renversante maîtrise d'un pianiste de dix-sept ans à peine, Rudolf Serkin. Le coup de foudre musical est réciproque et définitif. Le jeune homme s'installe dans la famille Busch, multiplie les… Lire la suite

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