Robert Aldrich doit beaucoup à la critique française, qui sut très tôt déceler l'originalité de son talent. Dès 1955, les futurs meneurs de la Nouvelle Vague firent de Kiss Me Deadly (En quatrième vitesse) un de leurs films de chevet. L'œuvre avait, en effet, tout pour séduire : un mélange détonant de violence crue et de poésie ; une liberté formelle surprenante, prémonitoire ; un codage très élaboré, dissimulant sous l'apparence d'un simple film policier de série B une virulente dénonciation du maccarthysme et du péril nucléaire. Réédité depuis lors à plusieurs reprises, En quatrième vitesse conserve l'essentiel de ses vertus, même si son originalité nous frappe désormais de manière moins « physique » que lors de sa création : nous décelons plus aisément ce que ses audaces syntaxiques doivent à Orson Welles ; nous mesurons mieux la part du scénariste A. I. Bezzerides, adaptateur du roman de Mickey Spillane, dans le savant et surprenant mariage de brutalité et de préciosité qui fait la séduction de ce chef-d'œuvre du film noir.
Robert Aldrich s'était posé d'emblée un redoutable défi à lui-même […]
Autres références
« ALDRICH ROBERT (1918-1983) » est également traité dans :
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DAVIS BETTE (1908-1989)
Auteur :
André-Charles COHEN
Dans le chapitre "Des rôles hors normes" : …
Avec beaucoup d'ironie, elle fait passer une demande d'emploi dans la presse professionnelle. *Robert Aldrich saisit la balle au bond et l'oppose à Joan Crawford dans What Ever Happened to Baby Jane ? (1962), où elle campe l'une des deux sœurs, jadis enfant prodige puis star déchue, vivant de ses souvenirs et distillant sans pudeur sa…
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KUBRICK STANLEY (1928-1999)
Auteur :
Gérard LEGRAND
Dans le chapitre "Des débuts difficiles" : …
masques de carnaval. La mise en scène est très influencée, dans ses accès de violence, par celle de *Robert Aldrich ; mais Kubrick s'inspire aussi de cinéastes européens (longs travellings suivant les acteurs comme chez Max Ophüls, plans importants réservés à des temps d'accalmie dans l'action, comme chez Rossellini). Le film bénéficie d'un certain…
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POLICIER FILM
Auteurs :
E.U., Jean TULARD
Dans le chapitre "Le film noir" : …
film noir doivent se taire ou s'exiler. En quatrième vitesse (Kiss Me Deadly) d'*Aldrich annonce, en 1955, un tournant du film noir. Comme dans Le Faucon maltais, c'est la poursuite d'un mystérieux trésor qui sert de thème à l'action. Dans le roman de Mickey Spillane, il s'agissait d'une forte liasse de dollars ; dans l'…
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STARS ET VEDETTES
Auteur :
Gérard LEGRAND
Dans le chapitre "De la légende au « mythe »" : …
des stars en tient lieu. Le film cruel et significatif, typique de l'évolution de Hollywood, que *Robert Aldrich a intitulé : The Legend of Lylah Clare (1968) et qui est centré sur la « continuité » rêvée de cette saga le montrera. Si toutes les variétés de légendes reparaissent dans l'histoire des stars et des vedettes, celles de l'…
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Filmographie
The Big Leaguer, 1953
World for Ransom (Alerte à Singapour), Apache (Bronco Apache), Vera Cruz, 1954
Kiss Me Deadly (En quatrième vitesse), The Big Knife (Le Grand Couteau), 1955
Autumn Leaves (Feuilles d'automne), Attack ! (Attaque), 1956
The Garment Jungle (Racket dans la couture), coréalisateur Vincent Sherman, 1957
The Angry Hills (Trahison à Athènes), Ten Seconds to Hell (Tout près de Satan), 1959
The Last Sunset (El Perdido), 1961
Sodom and Gomorrah (Sodome et Gomorrhe), Whatever Happened to Baby Jane ? (Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?), 1962
Four for Texas (Quatre du Texas), 1963
Hush... Hush, Sweet Charlotte (Chut... chut, chère Charlotte), 1964
The Flight of the Phoenix (Le Vol du Phénix), 1965
The Dirty Dozen (Les Douze Salopards), 1967
The Legend of Lylah Clare (Le Démon des femmes), The Killing of Sister George (Faut-il tuer Sister George ?), 1968
Too Late the Hero (Trop tard pour les héros), 1970
The Grissom Gang (Pas d'orchidées pour miss Blandish), 1971
Ulzana's Raid (Fureur apache), 1972
Emperor of the North Pole (L'Empereur du Nord), 1973
The Mean Machine (The Longest Yard – Plein la gueule), 1974
Hustle (La Cité des dangers), 1975
Twilight's Last Gleaming (L'Ultimatum des trois mercenaires), The Choirboys (Bande de flics), 1977
The Frisco Kid (Un rabbin au Far West), 1979
All the Marbles (Deux Filles au tapis), 1981.
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Bibliographie
R. Combs, Robert Aldrich, The British Film Institute, Londres, 1978
« Entretien, études, filmographie », in Positif, no 182, juin 1976
M. Maheo, Robert Aldrich, Rivages, Paris, 1987
J. P. Piton, Robert Aldrich, Edilig, Paris, 1985
A. Silver & E. Ward, Robert Aldrich (étude film par film, recension filmographique et bibliographique détaillée), G. K. Hall & Co., Boston (Mass.).
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