« Artiste-technicien » (Richard Morphet), qui articule à la fois connaissance de la tradition artistique et intérêt pour le monde contemporain, Richard Hamilton a cherché, à partir des années 1960, à réagir aux mutations profondes de la société de son temps. Après avoir entamé une œuvre sous le signe de l'abstraction géométrique, il ouvre sa peinture aux objets du quotidien et aux moyens de communication alors en plein essor. Ses intérêts le portent vers l'imagerie véhiculée par les médias de masse (magazines, publicité, radio et télévision) et vers la culture populaire (cinéma hollywoodien, bande dessinée, science-fiction). Il participe ainsi activement à l'élaboration de ce que le critique Lawrence Alloway a baptisé « pop art ».
Tout un pan de l'activité de Richard Hamilton se déploie aussi, parallèlement à sa pratique de la peinture, dans le champ de l'enseignement, de la diffusion et de la mise en espace de l'art de son temps. Son rôle dans ce domaine, pour la scène britannique de la seconde moitié du xxe siècle, a été des plus considérables.
1. Une formation théorique et pratique
Né à Londres en 1922 dans un milieu modeste (son père est chauffeur), Richard Hamilton commence jeune, à partir de 1929, à apprendre le dessin. Il développe par la suite ses compétences dans les deux directions complémentaires et indissociables de sa démarche : la création artistique et ses applications pratiques. Hamilton travaille d'abord au sein du département publicité d'une entreprise d'ingénierie électrique, tout en suivant les cours du soir de la Westminster School of Art et de la Saint Martin's School of Art. Il est ensuite employé dans la section étalagisme de la Reimann School of Art, avant d'étudier, de 1938 à 1940, aux Royal Academy Schools. Le soir, il suit également des cours de gravure et de lithographie à la Central School of Arts and Crafts. Dessinateur industriel dans le secteur acoustique pendant la Seconde Guerre mondiale, il fait partie de l'équipe de designers qui conço […]
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