Connu pour être le père des coupoles géodésiques dont l'inspiration rejoint celle des grandes structures propres aux expositions universelles du xixe siècle, Richard Buckminster Fuller a vu sa carrière consacrée lorsqu'on a décidé de retenir sa structure sphérique de 76 mètres de diamètre pour représenter les États-Unis à l'exposition de Montréal en 1967.
1. Une doctrine globalisante
Né en 1895 à Milton (Mass., États-Unis), élevé dans une famille libérale de pionniers, Buckminster Fuller abandonne vite ses études à Harvard (1913-1915). Son passage comme volontaire dans la marine en 1917 le met au contact des problèmes que pose la rationalisation globale d'un système d'équipements destinés à la survie humaine. Après la guerre, sa tentative pour commercialiser un système de construction à partir de blocs de ciment isolants (le Stockade Building System), en collaboration avec son beau-père, architecte new-yorkais, le mène à la faillite. Il dénonce alors l'« ignorance méthodique » et les critères émotionnels et irrationnels qui président à la conception du domaine bâti.
Fuller élabore dorénavant une doctrine globalisante impliquant la révision complète des exigences de toute l'humanité et des potentiels techniques et énergétiques de la « planète Terre ». La « synergie », loi de coopération de forces distinctes, le comprehensive design, ou projet intégral, sont les concepts de base de sa pensée qu'il illustre par les projets de 1927 intitulés 4 D (4e Dimension). Avec un sens égal de la publicité et du slogan, il surpasse Le Corbusier en suggérant le réaménagement du territoire à l'échelle de la planète (Air-Ocean World Town Plan).
La maison Dymaxion de 1927 (dynamique plus maximum d'efficacité) est la matérialisation de la « machine à habiter », au vrai sens du terme et non plus au sens métaphysique tel qu'il a été formulé par le Bauhaus. Conçue pour un mode de vie futuriste – pour la vie « éternellement » nouvelle du « citoyen du monde » –, elle tire parti des techniques de préfabrication les p […]
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