Personnage énigmatique du monde intellectuel, Raoul Vaneigem a préféré, aux interviews préfabriquées, la recherche de l'harmonie dans la construction permanente de sa propre vie. On ne peut donc reconstituer que des bribes de sa biographie. Né à Lessines dans le Hainaut en 1934, il fait des études de philologie romane à l'université libre de Bruxelles ; agrégé de lettres, il enseignera à l'École normale de Nivelles dans le Brabant. À vingt-deux ans, il écrit Isidore Ducasse et le comte de Lautréamont dans les Poésies, autour de la figure de l'auteur des Chants de Maldoror qui restera toujours pour lui prépondérante. La revue Synthèses, deux ans plus tard, reprendra ce texte, qui servira encore de postface aux Poésies de Lautréamont en 1995 aux éditions Mille et Une Nuits. Il suit à Nanterre en 1957-1958 le cours de sociologie d'Henri Lefebvre. À la fin de 1960, il adresse une lettre à la revue Internationale situationniste que dirige Guy Debord ; celui-ci charge Pierre Guillaume, qui doit prendre des informations sur un mouvement de grèves en Belgique, de rencontrer l'auteur de la lettre. Dès l'été 1961, Vaneigem publie des articles sur l'urbanisme dans la revue (no 6). Pendant quelques années, sa vie se confond avec ses activités situationnistes : conférences et participation au comité central, rédaction avec Debord et Kotànyi des « thèses de Hambourg », signature de tracts et d'articles (« Banalités de base », par exemple, dans les nos 7 et 8), direction de Der deutsche Gedanke (revue situationniste allemande), etc. Entre 1963 et 1965, il rédige le Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations. Treize éditeurs le lui refuseront, y compris Gallimard, malgré le soutien de Raymond Queneau et Louis-René Des Forêts. L'éditeur de la rue Sébastien-Bottin le publiera cependant in extremis en novembre 1967, après la parution d'un article dans le Figaro littéraire consacré aux « provos »d'Amsterdam et qui dénonçait l'influence des situationnistes. Inspirateur manifeste de ce qu'e […]
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