Volontiers bourru, parfois même très caustique, Paco Rabanne se situe intentionnellement en marge du brouhaha de la mode. Il n'en demeure pas moins un des créateurs les plus révolutionnaires dans le domaine vestimentaire, où il a introduit la notion de modernité.
Originaire de Saint-Sébastien, en Espagne, Paco Rabanne est le fils d'une première d'atelier de la maison de couture espagnole Eisa (dirigée par Balenciaga). Il entreprend à Paris, en 1952, des études d'architecture à l'École des beaux-arts. Ses dessins de mode séduisent Balenciaga et Givenchy, mais sa première vocation est de créer des accessoires pour la haute couture : ceintures, bracelets, etc. Pierre Cardin, auquel il propose des projets de colliers, lui suggère de faire du bijou l'élément central d'une robe. Dans le climat de création qui caractérise le début des années 1960, Paco Rabanne conçoit des bijoux de plastique d'une évidente originalité, et imagine des robes destinées à mettre en valeur un accessoire, une parure. Dès 1965, ses robes deviennent des bijoux géants qu'il crée avec l'aide de sa sœur, Olga Rabaneda : le métal, les matières plastiques qui les composent contribuent à produire un effet insolite. Chaque modèle se présente comme un prototype, une épure d'architecture. La rigueur structurelle des créations de Paco Rabanne rappelle sa formation d'architecte. Au lieu du textile qui avait été, par définition, le matériau fluide employé pour la couture, Paco Rabanne choisit des matières rigides, et ses robes ont l'aspect de carapaces articulées : rondelles, anneaux et mailles métalliques sont les éléments constitutifs de cette esthétique exigeante. Parmi les costumes les plus caractéristiques, on retiendra des maillots de bain métalliques (1966), ainsi qu'une minirobe en plaquettes d'or créée pour la chanteuse Françoise Hardy et une tunique décolletée, en sequins métalliques, imaginée pour Brigitte Bardot.
Les recherches de Paco Rabanne l'incitent à inventer des formules nouvelles. En 1966, l […]
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