Né à Beauvais dans une famille qui compte un photographe de mode et un administrateur des manufactures des Gobelins et des manufactures de tapisseries de Beauvais, Hubert de Givenchy est destiné par ses parents à une carrière juridique. Il apprend le droit dans une étude de notaire. Après la Libération, il vient à dix-sept ans à Paris, entre à l'École des beaux-arts et travaille chez Jacques Fath. Après un passage chez Robert Piguet (où il précède Marc Bohan) et chez Lucien Lelong (au moment du départ de Balmain et de Dior), Hubert de Givenchy entre dans l'équipe de Schiaparelli, où il animera pendant quatre ans la boutique en créant des accessoires, des bijoux et des vêtements simples et attrayants.
En 1951, il crée sa propre maison de couture, près du parc Monceau, dans un hôtel particulier, et présente sa première collection en février 1952 avec l'appui d'amis et de mannequins, comme Bettina. Cette première collection, qui apporte un vent de jeunesse à la couture, est un triomphe ; parmi les succès de Givenchy on compte bientôt les étoles légères et désinvoltes, les blouses très variées (dont il a acquis la maîtrise à travers ses activités de création pour la boutique de Schiaparelli), associées à des jupes amples ou fuselées, des robes-tuniques, des robes-bulles et des toilettes du soir courtes devant et plongeant souplement vers l'arrière.
La prestance du jeune couturier, sa haute taille et, déjà, sa réserve sont célèbres. Il témoigne, comme son maître spirituel Balenciaga, d'une très grande attention aux tissus, à leur grain, à leur épiderme, à leur tombé, et réagit avant tout en architecte.
Les consécrations officielles ne lui manquent pas : en 1961, il est l'auteur du modèle d'une robe du soir à corsage brodé portée par Jackie Kennedy pour le gala qui marque la visite officielle du couple présidentiel en France. Mais Hubert de Givenchy trouve une interprète toute désignée en Audrey Hepburn, qui porte ses toilettes dans plusieurs films : telle robe du soir dans Sabrina, un petit fourreau noir et un fameux chapeau […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



