Le centre minier du début du xviie siècle n'est plus qu'une ville triste de Bolivie de 132 800 habitants (recensement de 2001), capitale du département homonyme, battue par les vents glacés de la puna à plus de 4 000 mètres en contrebas du Cerro Rico. Malgré les inondations et tremblements de terre qui ont touché la ville, de nombreux monuments rappellent l'époque de la splendeur de Potosí : Casa de la Moneda, église de San Lorenzo, couvent de San Francisco.
Carte
Bolivie Carte politique de la Bolivie
Crédits: 2005 Encyclopædia Universalis France S.A. Consulter
Potosí fut fondée en 1545 par Juan de Villaroel. La légende veut qu'un Indien, en faisant du feu pour se réchauffer, vit fondre les pierres du foyer : c'était de l'argent ! Philippe II fit de Potosí une ville impériale. Elle devint rapidement la plus grande ville du continent. Au début du xviiie siècle, elle comptait 150 000 habitants. Le travail épuisant dans les mines d'argent était assuré par des corvées, la mita, auxquelles étaient assujettis les Indiens
. Potosí constituait alors un pôle d'où rayonnaient les chemins muletiers joignant l'estuaire de La Plata à Lima. L'argent de Potosí permit à l'Espagne de mener une grande politique européenne au xviie siècle. Faute de progrès technique, l'exploitation des mines déclina et cessa même au xviiie siècle avant de reprendre, dans une moindre mesure, à la fin du xixe siècle, pour extraire principalement de l'étain.
Photographie
Mines de Potosí Site majeur de la production d'argent dans l'empire colonial espagnol, le Cerro Rico (riche montagne) qui s'élève au-dessus de la ville de Potosí (actuellement en Bolivie) devient, à partir de 1572, un symbole des richesses minières du Nouveau Monde qui affluent en Europe. Pour les Indiens du Haut-P……
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Après la révolution bolivienne de 1952, les mines ont été nationalisées. Dans les années 1990, la plupart des mines d’État furent fermées, mais une partie a été rouverte sous la forme de coopératives. Des milliers de mineurs y travaillent encore pour extraire du zinc, de l’étain et de l’argent.
Les mines avec leur système d’aqueducs et de lacs artificiels, ainsi que la ville coloniale et les barrios mitayos, les quartiers ouvriers, sont classés au patrimoine mondial de l’humanité par l’U.N.E.S.C.O. depuis 1987. Le tourisme s’est développé, participant à l’économie de la ville ; les coopératives en profitent pour organiser des visites dans les entrailles de la montagne.
Olivier DOLLFUS
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