2. Pollinisation et fécondation croisée
La fécondation croisée peut être assurée par une distribution de fleurs unisexuées sur deux catégories d'individus, les uns mâles, les autres femelles, mais une seule catégorie d'individus est alors fertile. Au contraire, les divers mécanismes qui rendent obligatoire la pollinisation entre fleurs différentes (allopollinisation) peuvent, plus ou moins sûrement, provoquer la fécondation croisée beaucoup plus économiquement puisque tous les individus, et même toutes les fleurs, sont fertiles. Le moins sûr est l'hercogamie qui, par une certaine dispersion spatiale des anthères et du stigmate, interdit l'autopollinisation directe (orchidées, yucca), sans empêcher absolument l'allopollinisation entre fleurs d'un même individu.
La dichogamie assure presque absolument à la fois allopollinisation et fécondation croisée par un asynchronisme plus ou moins complet de la maturité du pistil et du pollen ; il y a protogynie (Crucifères, Rosacées), lorsque le pistil est en avance, et protandrie (Composées, Labiées, Légumineuses), lorsque le pollen est mûr le premier. Ce décalage dans le temps peut intervenir au cours de la vie du végétal (cocotier), de la saison de végétation (cas le plus fréquent), voire de la journée (avocatier).
L'hétérostylie, reconnue dans au moins dix-sept familles d'Angiospermes, est l'existence de deux (primevères) ou plusieurs (salicaires) catégories d'individus, chacune caractérisée par des fleurs possédant des styles d'une certaine longueur et des grains de pollen d'une taille bien définie, qui ne peuvent germer que sur des styles de fleurs d'une autre catégorie. C'est un mécanisme de fécondation croisée obligatoire.
Il en est de même de l'autostérilité, qui ne s'annonce par aucune particularité morphologique ou physiologique visible.
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