3. Caractères originaux des régions poldériennes
• Une œuvre collective
La poldérisation exige une entente entre les propriétaires d'un même polder et, comme les eaux d'un polder ne peuvent être indépendantes de celles du polder voisin, il faut aussi une entente entre polders, d'où la nécessité de l'intervention des autorités administratives et de l'État dès l'élaboration d'un projet. Actuellement, les polders offrent de bons exemples de planification. Il y a généralement une corrélation étroite entre poldérisation et haut niveau de civilisation.
En Hollande, le polder était dirigé par un waterschap, association de polders dont les membres étaient élus et qui avait à sa tête un dijkgraaf (intendant des digues) ; les waterschappen se fédéraient souvent ; il fallut l'occupation française pour vaincre les particularismes néerlandais et pour créer le Waterstaat (service des Eaux de l'État) qui est devenu un puissant organisme d'État, surtout après l'échec de la mise en valeur privée du Haarlemmeer. Dans les polders de l'IJselmeer (lac d'IJsel), l'État reste propriétaire des terres, il les exploite pendant les premières années, il sélectionne avec rigueur les candidats, les encadre techniquement et décide de tous les aménagements.
En France, ce sont les abbayes qui poldérisent dans le Nord : Philippe d'Alsace crée, en 1184, les Wateringues, ou groupement de propriétaires ; supprimées au moment de la Révolution française, elles sont rétablies dès 1801 ; la Plaine maritime est actuellement divisée en dix sections de Wateringues, plus la Grande et la Petite Moëre. En Italie, c'est le gouvernement et les lois de bonification qui vinrent à bout des Marais pontins.
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