Le terme de philocalie désigne littéralement, dans le vocabulaire de l'hellénisme chrétien, l'« amour de la beauté », celle de Dieu et celle de la créature transfigurée. Au sens large, il s'applique à toute anthologie de textes ascétiques et spirituels où s'inscrit l'expérience mystique de l'Église orthodoxe. Certaines « philocalies » restent d'usage personnel ou circulent dans des groupes restreints. D'autres prennent de l'importance pour l'Église entière : au ive siècle, une philocalie de textes d'Origène, composée par saint Basile et saint Grégoire de Nazianze ; au xiiie siècle, l'anthologie introduite par Nicéphore le Solitaire dans son Traité de la garde du cœur.
Toutefois, la Philocalie par excellence est celle qui paraît à Venise en 1782, in-folio de 1 200 pages sur deux colonnes. C'est l'œuvre commune d'un évêque, Macaire de Corinthe (1731-1805), et d'un athonite, Nicodème l'Hagiorite (1749-1809). Vaste florilège des témoins de la tradition hésychaste, méthode de la « prière intérieure », guide du père spirituel, haute théologie ordonnée à la contemplation, la Philocalie de 1782 s'affirme comme l'en […]
