Philippe Sollers est né à Bordeaux. Hanté par une question somme toute traditionnelle : Qui suis-je ?, il apparaît, dès son premier texte, Le Défi jusqu'à Paradis et au Portrait du joueur, comme un des écrivains contemporains les plus prolifiques quant à la réponse. De l'esthétisme valéryen à l'engagement au côté du Parti communiste français, puis du maoïsme à l'extériorité de l'artiste baudelairien revendiquant le droit de se contredire, Sollers n'a cessé de multiplier les images de lui-même. Par ailleurs, son itinéraire a longtemps été indissociable de celui de la revue Tel Quel où, à partir de 1960, Sollers et ses amis aidèrent à la relecture de Sade, Bataille, Artaud, Lautréamont..., ou firent écho aux écrits de Barthes, Derrida, Lacan, aux travaux de Julia Kristeva qui firent mieux connaître en France ceux de Mikhaïl Bakhtine et des formalistes russes (Théorie de la littérature, 1966).
Il semble que le projet global de Philippe Sollers soit celui d'une autobiographie totale, à la fois éclatée et totalisante, fondée sur la substitution du langage comme fiction (somme de fictions, d'histoires et d'Histoire, lieu d'un […]
