2. Avignon, capitale provisoire de la Chrétienté
Abritant la papauté et ses services, Avignon devint la capitale de la Chrétienté et prit un rapide essor. Bien que submergés, les Avignonnais firent bon accueil aux nouveaux venus qui apportaient une prospérité inattendue à la cité. Devenue un centre commercial et bancaire de premier ordre, elle fut bientôt la première ville de France après Paris, avec environ 35 000 habitants, dont un millier de juifs, protégés par les papes. Avec plus de 151 hectares, sa dernière enceinte de 1360-1370 mesurait le triple de la première. Cette croissance se fit cependant sans plan et sans souci d'hygiène. L'effort architectural se porta surtout sur les palais des papes et sur les églises des ordres mendiants (Carmes, Cordeliers, Dominicains). Le mécénat des papes, qui y consacrent 4 p. 100 de leurs revenus, s'étend aussi aux autres arts : peinture (Simone Martini), sculpture, musique (influence flamande). Dans cette Cour, la plus grande d'Europe, les belles-lettres fleurissent (Pétrarque), des bibliothèques se constituent. Son influence artistique rayonne au loin grâce au passage incessant de prélats et de grands seigneurs en visite. Les clercs affluent à l'université, surtout à la faculté de droit, qui fournit la majorité du personnel curial. La faculté de théologie n'est fondée qu'en 1413 par Jean XXII.
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