Par opposition à l'opera buffa, mais en coexistence avec lui, l'opera seria est un terme désignant en Italie, dès le début du xviiie siècle, un type d'opéra fondé essentiellement, selon des règles musicales et dramatiques bien précises avant de devenir tyranniques, sur une succession de situations nobles ou tragiques plus ou moins comparables (toute question de valeur mise à part) à celles des tragédies de Racine. L'origine s'en trouve à Naples, qui, à la fin du xviie siècle, succède à Rome et à Venise comme principal foyer d'activité musicale de la Péninsule, et où se produit le grand Alessandro Scarlatti (1660-1725) ; auteur de cent quinze œuvres lyriques (dont beaucoup sont perdues) avec à leur tête sans doute Mitridate Eupatore (1707), il s'adapte à la fin de sa vie, non sans regrets, à la transformation du goût à Naples : écriture homophone, mélodies aux rythmes simples, prédominance des arias da capo. Mais ce sont surtout ses innombrables successeurs, bien entendu ni tous Napolitains ni même tous Italiens, qui fixent le type d'opéra uniforme et cosmopolite destiné à conquérir toute l'Europe sauf la France. À la base […]
