Ethnie mongoloïde de la vallée de Kātmāndu (Népal), qui vécut longtemps isolée et autonome avant l'arrivée des populations de langue aryenne actuellement dominantes, les Newar parlent une langue tibéto-birmane et vivent surtout dans les villes. Ils constituaient, selon le recensement de 2001, 5,48 p. 100 de la population népalaise (soit 1 245 000 personnes environ). Les Newar subirent l'influence indienne : hindous pour la plupart (mais certains pratiquent une forme indienne du bouddhisme), ils sont répartis en quelque soixante-dix castes, lesquelles couvrent approximativement les mêmes divisions sociales qu'en Inde ; on y trouve, en effet, tant les varnas (brahmanes, kshatriya, vaishya et shūdra) que de nombreux groupes d'intouchables. Le champ d'activités occupé par les Newar est vaste : beaucoup sont agriculteurs ; le commerce de détail est localement entre leurs mains ; enfin, des postes administratifs et politiques importants sont occupés par certains des leurs. Traditionnellement, ils étaient connus comme artisans et plus encore réputés comme architectes, puisque ce sont des Newar qui construisirent les fameux temples et tombeaux de Kātmāndu. Du xe au xvie siècle, on assiste à une floraison de productions picturales et de sculptures chez les Newar, activités auxquelles s'ajoutent certaines pratiques artisanales fort élaborées (poterie, papeterie, métallurgie traditionnelle et sculpture sur bois). Suivant l'organisation socio-économique traditionnelle des Newar, à une branche artisanale donnée correspond une caste spécialisée dans l'activité correspondante. Dans la seconde moitié du xixe siècle, une importante migration newar se produit vers le Sikkim : connus pour leur habileté dans le travail des métaux, ils se virent garantir par le chogyal régnant le droit d'extraire le minerai de cuivre et de battre monnaie. Les migrants newar furent suivis par des groupes de Gurung, Tamang, Rais et Sherpa, tous habitués à pratiquer une agriculture de montagne propre aux plateaux et vallées d'une altitude déjà importante ; ces populations s'établirent sur des terres jusqu'alors inutilisées et s'y maintinrent comme minorités ethniques.
Yvan BARBÉ
Retour en haut



