
Habitant les montagnes du Népal et apparentés aux Bhotias, les Sherpa (du tibétain shar, est, et pa, peuple : « peuple de l'est ») mongoloïdes sont d'origine et de culture tibétaines. On en compte près de 155 000 au recensement de 2001. Ils doivent leur renommée aux qualités de porteurs dont ils ont fait preuve dans le haut Himalaya ; ainsi le Sherpa Tenzing Norgay et sir Edmund Hillary atteignirent ensemble pour la première fois le sommet de l'Everest (1953), et les commerçants sherpa traversent les passes du Tibet, transportant du riz qu'ils échangent contre du sel. Parallèlement à leurs activités agricoles et pastorales, ils tirent des revenus de la filature et du tissage de la laine. La plus vaste région d'habitat sherpa est celle qui est arrosée par la rivière Dudh et dominée par les montagnes de l'Everest. Les Sherpa des régions de Khumbu, Pharak et Solu, en particulier, forment une société composite qui est divisée à la fois horizontalement et verticalement. Le noyau de cette société consiste en dix clans inégalement répartis dans les trois régions. Ces clans (rhu) sont patrilinéaires et exogames. Les membres des dix clans principaux et des groupes qui s'y rattachent jouissent absolument des mêmes statuts, ils pratiquent la commensalité libre et peuvent se marier entre eux. Comme les Sherpa pratiquent la transhumance, les communautés de villages sont d'ordre rituel plutôt que des unités permanentes de résidence. Des groupes de familles restreintes se dispersent pour la plus grande partie de l'année et ne se rassemblent qu'à l'occasion de rares activités rituelles. Ces familles sont soit monogames, soit polygames. Deux ou trois frères peuvent, en effet, épouser la même femme. Cette forme de polyandrie est surtout motivée par des considérations économiques, car elle permet de ne pas diviser la propriété : maison, terre et bétail. Les enfants issus de ces mariages polyandres sont considérés comme les descendants communs des maris, la paternité physique n'ayant socialement pas d'importance. Les Sherpa sont adeptes du bouddhisme lamaïque. Ils croient en l'accumulation des mérites par la piété, par la prière, par la circumambulation ou par la pratique de la rotation de moulins à prière. Ils s'en remettent aux chamanes quand il s'agit de contrôler les forces les plus concrètes et les plus menaçantes. En outre, ils révèrent des divinités locales qui sont l'objet d'un culte élaboré.
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