Bien qu'elle soit unanimement saluée comme la grande dame des lettres sud-africaines, en particulier depuis que le prix Nobel consacra son œuvre en 1991, le sort de Nadine Gordimer n'a pas toujours été aussi enviable. Son indéfectible engagement pour la liberté d'expression et contre le régime de l'apartheid lui a longtemps valu de virulentes critiques de tous bords, aussi bien de la part des écrivains noirs tentés par des formes d'expression plus radicales que de celle de la communauté blanche, qui lui reprochait de trahir son appartenance raciale. Mais elle sut tenir tête, résista à la censure et se refusa toujours à quitter l'Afrique du Sud, suivie en cela par John Michael Coetzee, Breyten Breytenbach, André Brink, Alan Paton et d'autres.
Née en 1923 à Springs, petite ville minière du Transvaal, de parents immigrés, Nadine Gordimer est retirée de l'école à l'âge de onze ans, sa mère prétextant un souffle au cœur qui s'avérera imaginaire. Pendant cinq ans, elle n'ira pas en classe, mais lira tout ce qui lui tombe sous la main. À l'âge de treize ans, elle publie une nouvelle – elle […]
