Le mahdī des Almohades. Né dans l'Anti-Atlas marocain, d'une famille de la tribu berbère des Maṣmūda, il va à Cordoue, puis part pour l'Orient. Il rencontre à Alexandrie Abū Bakr al-Ṭurṭūshī, qui lutte pour restaurer le sunnisme et a écrit un livre contre les innovations. À Bagdād, il se trouve avec Abū Bakr al-Shāshī, le plus grand juriste shāfi‘ite de son temps, et avec al-Kiyā al-Harasī, disciple de l'ash‘arite Djuwaynī. On peut penser, selon H. Laoust, qu'il a eu des contacts avec des représentants du ḥanbalisme, d'une part, de l'imāmisme et de l'ismā‘īlisme, d'autre part. Il semble que l'histoire de sa rencontre avec al-Ghazālī, à qui il a demandé de prier Dieu pour que les Almoravides (qui ont fait brûler les œuvres de ce grand imām) soient détruits par sa main, relève de la légende. Rentré au Maghrib, Ibn Tūmart prêche des idées réformatrices dirigées surtout contre le relâchement des Almoravides. Son intransigeance lui fait des ennemis. Mais sa parole persuasive, son savoir et sa piété touchent les cœurs.
Parmi ceux qui le suivent, il faut citer, d'une part, Abū Bakr b. ‘Ālī al-Ṣanhādjī, dit al-Baydhaq (qui écrivit des Mémoires sur les débuts du mouvement almohade, en enveloppant son récit d'une auréole de merveilleux afin de présenter Ibn Tūmart comme un homme prédestiné), ‘Abd al-Mu'min, d'autre part, qui va lui succéder et créer par ses conquêtes le véritable empire almohade.
La prédication d'Ibn Tūmart, surtout à Aghmat où il s'est retiré par prudence, entraîne une agitation qui inquiète sérieusement le pouvoir. Il est ainsi amené à entrer en rébellion ouverte et devient le chef autour duquel se rallient tous ceux qui ont des raisons (surtout dans le sens d'intérêts tribaux) de s'opposer aux Almoravides. Peu à peu, Ibn Tūmart se considère comme leur guide spirituel ; il annonce l'approche de la venue du mahdī, est acclamé lui-même comme mahdī et se présente alors comme tel. Son pouvoir ne cesse de s'étendre et, tandis que les Almoravides s'affaiblissent, Ibn Tūmart consolide l'unité de son […]
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