Le plus technique et le plus original à la fois des six darśanas (« points de vue ») qui constituent ensemble la tradition philosophique de l'Inde brahmanique. Prenant directement racine dans les spéculations védiques, la Mīmāṃsā apparaît comme un « méta-ritualisme » dans lequel la réflexion s'exerce d'abord sur le mécanisme des rites pour s'élever ensuite à l'intelligence de la structure de l'univers. La question fondamentale est de savoir comment il se fait qu'un simple geste humain (offrir un sacrifice) puisse porter du fruit (c'est-à-dire avoir des conséquences) dans l'au-delà. Les « Écritures » (le Veda) affirment que celui qui célèbre le culte gagnera le ciel : il faut donc qu'une force invisible, une énergie imperceptible, soit à l'œuvre dans l'acte rituel et qu'elle en transcende la trivialité.
À cette force mystérieuse la Mīmāṃsā, en accord avec les textes spéculatifs du Veda, donne le nom de brahman. Et ce sera le rôle du Vedānta (appelé pour cela Uttara-Mīmāṃsā, la « Mīmāṃsā ultime ») d'élucider la nature exacte du brahman et d'élaborer la métaphysique qui découle de cet examen. On voit par là que la Mīmāmsā occupe une place centrale dans l'histoire de la philos […]
