Le terme « métastase » fut proposé en 1829 par Joseph Claude Récamier qui fut le premier, dans son traité Recherches du cancer, à montrer, par des observations anatomiques, que les métastases provenaient de l'émigration des cellules cancéreuses hors de la tumeur primaire et de leur greffe dans des organes distants de celui qui abrite le cancer primitif. Bien que ce soit seulement une seule cellule sur dix mille qui, à partir d'une tumeur primaire, donne naissance à une colonie à distance, il n'en demeure pas moins que le processus métastatique est globalement efficace et menaçant.
Si les cancers sont redoutables, ce n'est pas tant à cause de la capacité des tumeurs cancéreuses à se développer rapidement que par le risque que représente la dissémination métastatique des cellules tumorales hors de leur site d'implantation. En effet, les métastases sont à l'origine de 90 p. 100 de la mortalité due aux tumeurs malignes. Il est à noter que, malheureusement, le pronostic d'un patient atteint d'un cancer métastatique n'est pas bien meilleur actuellement qu'il ne l'était il y a dix ou vingt ans. En effet, beaucoup de malades, au moment où le diagnostic de cancer est posé, présentent déjà des métastases occultes (dites aussi micrométastases) ou apparentes, en nombre parfois élevé. Elles rendent l'acte chirurgical ou radiothérapeutique inopérant, puisque celui-ci n'éradiquera que la tumeur primaire et laissera en place les tumeurs secondaires qui pourront se développer et pour lesquelles les traitements chimiothérapiques utilisés à l'heure actuelle sont rarement efficaces. Cela explique l'urgence à trouver un nouveau type de chimiothérapie ciblée sur la maladie métastatique et donc à mieux comprendre les mécanismes biologiques qui sont mis en œuvre lors de la progression métastatique.
Aujourd'hui, cette progression apparaît véritablement comme un phénomène actif et non comme le simple débordement anarchique d'une masse tumorale dans les tissus et les ganglions lymphatiques voisins. On peut l […]
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