D'avoir été pendant trente-sept ans l'ami, le compagnon de Gustave Flaubert ne semble pas avoir porté chance à Maxime Du Camp. La postérité est à cet égard fautive, qui n'a pas pris la peine, depuis un siècle, de relire cet excellent polygraphe. À l'exception du Nil (réédité en 1987 par D. Oster et M. Dewachter chez Sand/Conti) et des extraits des Souvenirs littéraires (présentés en 1984 par M. Chaillou chez Balland), l'œuvre de Du Camp demeure ignorée. À eux seuls, pourtant, ces Souvenirs (2 t., Hachette, 1882-1883) constituent un exceptionnel document sur un demi-siècle de vie littéraire où passent, avec les déformations propres au genre, quelques-unes des figures les plus marquantes de ce temps : Gautier, Nerval, Fromentin, Delacroix, Sand, Musset, Louise Colet, Baudelaire, les saint-simoniens, et au moins deux lieux de publication essentiels : la seconde Revue de Paris (où Du Camp publia Madame Bovary) et la Revue des Deux Mondes, ainsi que la plupart des événements (1848, l'expédition des Deux-Siciles, la Commune, la République) dont Du Camp fut acteur ou témoin. Pour une description un peu scientiste et une phrase un pe […]
