Connue essentiellement aujourd'hui par sa liaison orageuse et intermittente avec Flaubert (1846-1855). Au long de l'abondante correspondance que ce dernier lui adressa, on voit s'élaborer et s'affermir les principes majeurs de son esthétique et de sa doctrine littéraire, en même temps qu'on assiste à la gestation de Madame Bovary.
Le personnage passionné que fut Louise Colet a souvent été victime de la misogynie de la critique littéraire. On a fait de cette femme auteur, qui eut des liaisons ou des flirts avec nombre de célébrités de l'époque (notamment Cousin, Musset, Vigny, Hugo), le prototype du bas-bleu arriviste à la plume incontinente, un des modèles d'Emma Bovary, une caricature de George Sand. Certes, ses ouvrages sont médiocres : essais historiques, poèmes laborieusement académiques fabriqués avec l'aide de Flaubert et de Bouilhet, romans autobiographiques, indiscrets et perfides, comme Une histoire de soldat (1856) ou Lui (1860), mettant en scène Flaubert et Musset. Mais on n'a peut-être tant souligné sa vanité, ses comportements extravagants, ses outrances sentimentalo-sexuelles ou sa faiblesse littéraire que pour mieux masquer en quoi […]
