Né dans le Kent, élevé à Londres et dans le Yorkshire, Martin Crimp poursuit des études littéraires à Cambridge. L'Orange Tree Theatre donne ses premières pièces – Living Remains (1982), A Variety of Death Defying Acts (1985) –, tandis que, parallèlement, il écrit pour la radio – Three Attempted Acts (Giles Cooper Award, 1985), Definitely the Bahamas (prix Radio Times Drama 1986). Orfèvre de la langue, Martin Crimp est également l'auteur d'adaptations et de traductions – Le Misanthrope de Molière (1996), Les Chaises de Ionesco (1997), Roberto Zucco de B. M. Koltès (1997), Les Bonnes de Genet (1999) – et d'un roman, Stage Kiss (1991).
Dès le début, on sent dans l'œuvre de Martin Crimp une volonté de retour au théâtre du verbe : les mots, leur musicalité, leur rythme surtout sont les principaux ressorts de sa dramaturgie. Ses pièces se tissent en recourant à d'incessants effets de répétition. Circulaire, jouant des différentes formes d'un même vocable, le texte se développe par une suite d'insensibles progrès, à l'échelle d'une scène comme de l'œuvre tout entière : les thèmes effleurés ici sont repris là, faisant du texte en son entier une métaphore de l'errance existentielle des personnages. Le langage est le lieu où ceux-ci se disent, s'inventent et se rendent réels. Partant, c'est également le lieu du pouvoir et de la menace, ce qui n'est pas sans rappeler l'univers de Harold Pinter. The Country (2000), qui met en scène un couple de Londoniens retirés à la campagne pour échapper au passé et à la corruption de la ville mais qui sont rattrapés par eux, lorsqu'ils revêtent les traits d'une jeune et jolie fille, est sans doute la plus « pintérienne » des pièces de Crimp. Le langage est enfin le lieu de la dissimulation, un terrier où se replier, comme on le voit avec le nazi de Definitely The Bahamas qui renonce, grâce au langage, à poser les véritables questions sur les massacres ordonnés par lui quelque cinquante années plus tôt.
Toutes les pièces de Martin Crimp analysent un dysfonctionnement d […]
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