Mario Bava s'est longtemps distingué, dans la cohorte des cinéastes italiens mineurs, comme « spécialiste du film fantastique », mais on peut s'interroger sur la validité de cette qualification. Né à San Remo, fils d'un sculpteur, il débuta par quelques courts-métrages, puis fut assistant de réalisateurs tels que Camerini, Soldati, Monicelli et Freda, tout en affirmant dès 1943 sa vocation de chef opérateur sur L'Avventura di Annabella de Luigi Menardi. Il appliqua son instinct photographique et sa science du décor au premier film qu'il réalisa comme metteur en scène, Le Masque du démon (La Maschera del demonio, 1960, avec Barbara Steele), film d'horreur « gothique » très réussi, et continua une carrière esthétiquement intéressante avec Hercule au centre de la Terre (Ercole al centro della Terra, 1961), « péplum » qu'on peut placer immédiatement après les meilleurs produits du genre. Mais, peut-être en raison d'un tempérament versatile, Bava n'a pas tardé à sacrifier la cohérence artistique de ses films à des effets dérisoires, liés à des entreprises purement commerciales. Sa renommée de grand photographe, qui lui avait valu de collaborer avec Raoul Walsh tournant en Italie Esther et le roi (Esther and the King, 1960) et de mettre lui-même en scène, semble-t-il, une partie du film d'Arthur Lubin, Les Mille et Une Nuits (Le Meraviglie di Aladino, 1962), n'a pas résisté à la dispersion de son travail. Il n'est pas exclu non plus que, formé au noir et blanc (Le Masque du démon joue avec bonheur de dominantes contrastées, moins expressionnistes d'ailleurs que veloutées), Bava se soit senti dans l'embarras devant les problèmes posés par la couleur. Il est passé (souvent sous le pseudonyme de John M. Old) du film policier (La fille qui en savait trop [La Ragazza che sapeva troppo], 1963) au film d'épouvante psychologique (Le Corps et le fouet [La Frusta e il corpo], 1962), sauvé partiellement par la présence de Dahlia Lavi ; Les Trois Visages de la peur (I Tre Volti della paura, 1963) et au western […]
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