Il est peu de princesses de France qui aient autant défrayé la chronique de leur époque et alimenté si généreusement une littérature prétendument historique que Marguerite de Valois, restée célèbre sous le nom de « reine Margot ». Fille d'Henri II et de Catherine de Médicis, elle grandit entre ses trois frères qui seront Charles IX, Henri III et François duc d'Alençon puis d'Anjou, dans une cour en continuel déplacement, divisée par les troubles qui marquent la fin du xvie siècle et dont elle sera elle-même la victime et l'enjeu. D'une grande beauté, mariée à dix-neuf ans, quelques jours avant la Saint-Barthélemy (23 août 1572), à Henri, roi de Navarre et chef du parti protestant, qu'elle n'aimait pas, et, bien que demeurée elle-même catholique, en butte aux attaques d'Henri III, elle embrasse le parti de François, son frère cadet, quand en 1575 il se met à la tête des Malcontents et lie sa fortune à la sienne. Devenu duc d'Anjou après la paix de Beaulieu (1575), François répond à l'appel des révoltés des Pays-Bas et Marguerite se rend à Spa (juill.-sept. 1577) : mission diplomatique qui doit préparer l'entreprise et dont elle s'acquitte avec plein succès.
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