Les maquiladoras sont des usines de montage qui assemblent en exemption de droits de douane des biens importés destinés à être intégralement réexportés. Leurs propriétaires bénéficient ainsi d'une main-d'œuvre bon marché et ne paient des droits de douane que sur la valeur ajoutée du produit, c'est-à-dire la valeur du produit fini moins le coût total des composants importés pour sa fabrication. La grande majorité des maquiladoras sont détenues et gérées par des sociétés mexicaines, asiatiques ou américaines.
Les maquiladoras firent leur apparition au Mexique dans les années 1960, ce qui explique leur nom espagnol, dérivé du terme maquila (portion de farine ou d'huile donnée au meunier en paiement de la mouture). Souvent implantées dans des villes frontalières du nord du pays, elles constituaient un moyen de créer des emplois et de générer un flux important de devises pour soutenir l'économie en développement du Mexique. Le nombre d'emplois ainsi créés, environ 200 000 au milieu des années 1980, dépassait le million à la fin des années 1990. Peu à peu, d'autres pays commencèrent à tirer profit du système des maquiladoras. De nombreuses sociétés japonaises se mirent à produire des biens de cette manière dans les années 1980, bientôt imitées par d'autres fabricants asiatiques.
À la fin du xxe siècle, un certain nombre de pays d'Amérique latine et d'Asie avaient mis sur pied des maquiladoras pour fabriquer des produits étrangers. Du milieu à la fin des années 1990, plusieurs maquiladoras du Honduras, du Mexique et de république Dominicaine furent cependant critiquées en raison des conditions de travail déplorables et des semaines interminables (jusqu'à 75 heures hebdomadaires, sans compensation pour les heures supplémentaires) qu'elles imposaient à leurs employés ainsi que de la pollution qu'elles généraient. Ces employés, en majorité des femmes et parfois même des enfants dans certaines régions, ne sont pratiquement jamais syndiqués.
En 1993, les États-Unis, le Mexique et le Canada adoptèrent l'A.L.E.N.A. (Accord de libre-échange nord-américain), qui créait une zone franche commune. Cet accord permit l'implantation de nouvelles usines de montage américaines au Mexique et multiplia les échanges entre les deux pays. Si les entreprises américaines réduisent ainsi le prix des biens qu'elles fabriquent en raison du moindre coût de la main-d'œuvre, elles diminuent dans le même temps les opportunités d'emplois pour les actifs américains, problème qui suscite un débat récurrent aux États-Unis dans les années 1990 et au début des années 2000.
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