Pour signer une œuvre romanesque et poétique importante, Pierre Dumarchey a choisi le pseudonyme de Pierre Mac Orlan. Ses romans, dont l'action se situe aussi bien dans les bouges de Montmartre ou dans les arrière-salles des bistrots d'un port embrumé que dans le cadre exotique et aventureux de la Légion étrangère, sont empreints d'une mélancolie poétique qui rehausse des aventures vécues ou transposées. Sa poésie, mélancolique elle aussi et singulièrement vigoureuse, a été mise en musique et chantée avec un bonheur particulier.
Pierre Dumarchey est né à Péronne, dans le Nord, où il devient familier dès son enfance des ports et des bouges. Il connaît des débuts difficiles au hasard des différents ports où il trouve à s'employer. Plus tard, il saura montrer dans ses romans que l'« étrange » et l'« exotisme » ne se trouvent pas seulement à Marrakech ou à Naples, mais qu'on peut le trouver, pour peu qu'on prenne la peine de l'y chercher, au Havre ou même dans le « milieu » parisien. Il se fait peintre, puis devient journaliste et rejoint le petit groupe qui se réunit fréquemment autour de Guillaume Apollinaire et de Max Jacob.
En 1918, il publie son Petit Manuel du parfait aventurier dans lequel il relate ses débuts difficiles. On trouve dans cette œuvre autobiographique l'essentiel de la vie et des idées de Mac Orlan à l'époque. Son œuvre romanesque reprend d'abord des thèmes et les aventures de sa jeunesse, avec Le Chant de l'équipage (1918), Le Nègre Léonard et maître Jean Mullin (1920), La Cavalière Elsa (1921), La Vénus internationale (1923), Le Quai des brumes (1927) dont fut tiré un film célèbre, La Tradition de minuit (1930), La Bandera (1931) et Quartier réservé (1932). Écrits dans une langue remarquable à la fois par sa rigueur et par sa fantaisie poétique, les romans de Mac Orlan n'ont pas besoin de forcer sur la couleur locale pour faire vrai.
Mais, parti dans sa jeunesse pour vivre l'aventure, Mac Orlan va plus loin encore dans son âge mûr par le moyen du rêve : Marguerite de la […]
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