Zoologiste et généticien français. Licencié ès sciences en 1885, il soutient deux ans plus tard sa thèse de doctorat sur l'anatomie des astérides. En 1888, il est préparateur d'anatomie comparée et de physiologie à la faculté des sciences de Paris et, en 1890, professeur de zoologie à la faculté des sciences de Nancy où il enseignera jusqu'à sa retraite en 1938 ; il y dirige également le jardin zoologique.
Cuénot prit part à l'élaboration des théories explicatives de l'évolution. En 1902, il avance l'idée de préadaptation qui peut être considérée comme un aspect particulier de la sélection. Elle correspond à « des caractères indifférents ou semi-utiles qui se montrent chez une espèce et qui sont susceptibles de devenir des adaptations évidentes si cette dernière adopte un nouvel habitat ou acquiert de nouvelles mœurs, changement rendu précisément possible par l'existence de ces préadaptations ».
L'un des premiers, il étudie la détermination du sexe et l'hérédité. Il reprend les lois de Mendel dont il est longtemps le seul en France à proclamer la valeur et, tout comme Bateson en Grande-Bretagne, il montre l'application de ces lois à l'ensemble des espèces animales. En 1903-1906, il prouve que des caractères de coloration de la souris correspondent à divers états d'un même gène ; ces états nés par mutation sont des allèles multiples. En 1911, il découvre le premier cas de létalité en essayant de comprendre pourquoi les éleveurs obtenaient si difficilement les souris jaunes. Pour lui, seules les souris jaunes homozygotes ne sont pas viables. Cette hypothèse fut confirmée par Kirkham. En outre, il propose de comparer l'activité d'un gène à celle d'une enzyme. Il entreprend de démontrer l'hérédité du cancer, de la pigmentation, et reproduit expérimentalement des phénomènes de l'atavisme. Il a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages : L'Influence du milieu sur les animaux (1894), La Genèse des espèces animales (1911), L'Adaptation (1925), L'Espèce (1936), Introduction à la génétique (1936), Invention et finalité en biologie (1946).
Jacqueline BROSSOLET
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