Navigateur français. Après des études scientifiques et littéraires, Bougainville débute dans la carrière des armes comme officier de l'armée de terre et participe à la défense du Canada sous les ordres de Montcalm, dont il est l'aide de camp (1756-1760). La paix revenue, il entre dans la marine et est nommé capitaine de vaisseau en 1763. Il tente alors d'établir une colonie dans les îles Malouines (les îles Falkland actuelles), mais doit procéder à son évacuation devant les protestations de l'Espagne (1764-1767).
Son principal titre de gloire est d'avoir bouclé le quatorzième tour du monde, le premier réalisé de façon officielle et scientifique par un Français (1766-1769). Son expédition s'inscrit dans le mouvement de découvertes maritimes qui caractérise la seconde moitié du xviiie siècle et dont les objectifs essentiels sont l'exploration du Pacifique, la recherche de l'hypothétique continent austral, ainsi que le désir de conquérir de nouvelles colonies et de nouveaux marchés après les défaites de la guerre de Sept Ans. Parti de Brest le 5 décembre 1766 à bord de la frégate La Boudeuse que rallie la flûte L'Étoile, il franchit le détroit de Magellan, séjourne à Tahiti, dont il fait une description émerveillée (avril 1768), poursuit sa route par les Nouvelles-Hébrides, les atterrages nord de la Nouvelle-Guinée et les Moluques, fait escale à l'île de France (actuellement, l'île Maurice) et achève son périple à Saint-Malo le 16 mars 1769, après avoir doublé le cap de Bonne-Espérance. Son compte rendu de mission (Voyage autour du monde, 1771
) connaît un énorme succès et suscite un regain d'intérêt pour les bons sauvages et l'état de nature.
Photographie
Voyage autour du monde, Bougainville Frontispice de la première édition du Voyage autour du monde (1771) du navigateur Louis Antoine de Bougainville (1729-1811). Bibliothèque nationale de France, Paris.
Crédits: Erich Lessing/ AKG Consulter
Il poursuit sa carrière maritime et prend part à la guerre d'Indépendance américaine, sous les ordres des comtes d'Estaing et de Grasse (1778-1782). La Révolution en fait un vice-amiral ; mais, devant l'indiscipline qui sévit parmi les équipages de la flotte, il démissionne après avoir refusé le ministère de la Marine en 1792. Arrêté pendant la Terreur, il est libéré par la chute de Robespierre. Bonaparte le comble de dignités : sénateur (1799), grand officier de la Légion d'honneur (1804), comte d'Empire (1808). Sa dernière fonction officielle fut de présider le conseil de guerre qui jugea les responsables du désastre de Trafalgar en 1809.
Jean-Marcel CHAMPION
Retour en haut



