Fils de petit propriétaire foncier, futur militant professionnel à l'itinéraire révolutionnaire classique, Liu Shaoqi naît à Yinshan (Hunan) ; en 1916, il entre à l'école normale de Changsha et a pour condisciples Mao Zedong, Li Lisan et Ren Bishi. Son radicalisme le porte vers la Ligue de la jeunesse socialiste que vient de constituer à Shanghai l'envoyé du Komintern Voïtinski, et, en 1921, il part étudier à Moscou où il s'inscrit à la section moscovite du Parti communiste chinois (P.C.C.). De retour en Chine en 1922, Liu Shaoqi organise les syndicats de mineurs avec Li Lisan et Zhang Guotao. À l'heure de la collaboration du P.C.C. avec le Guomindang, il entre à l'école du GMD dont il sort l'un des premiers diplômés. Son activité syndicale est grande : il est de tous les meetings, de toutes les grèves, et quand, en 1926, Tchiang Kai-chek rompt avec les communistes qu'il met hors la loi, Liu Shaoqi est secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats.
Après une période de clandestinité, il rejoint en 1932 les bases rurales de Mao Zedong, dont il devient un intime, et y organise la logistique. Élu au comité central du P.C.C. en 1934, il assure un travail de propagandiste qui vise à rallier les intellectuels nationalistes antinippons ; il est amené ainsi à rester en « zone blanche » et ne participe que partiellement à la Longue Marche. Il est l'un de ceux qui font connaître en Occident la lutte des communistes chinois (Edgar P. Snow lui est très largement redevable d'avoir réalisé son premier reportage en 1937, et Nym Wales, la femme de Snow, obtient de lui une interview).
En 1939, Liu Shaoqi écrit son rapport Comment être un bon communiste, texte dans lequel il explique que nombre de membres du Parti communiste chinois, parce que d'origine non prolétarienne, gardent des traces d'idéologie bourgeoise et véhiculent celle-ci au sein du parti ; aussi doivent-ils faire l'objet d'une éducation politique. Il insiste sur le fait qu'être un bon communiste implique la nécessité de réunir un é […]
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