De tous les grands burlesques, Laurel et Hardy demeurent peut-être les plus aimés. Keaton est trop froid, Lloyd trop impersonnel, Langdon trop trouble et les Marx trop bavards. En revanche, Laurel et Hardy font partie du décor de la vie quotidienne. Dans leurs films, le rire ne naît pas de l'ingéniosité du héros (Keaton) ou de son agressivité (Fields), mais de la maladresse des deux personnages et de la manière dont ils conservent leur dignité dans les pires catastrophes. Hardy comprend toujours trop tard et Laurel ne comprend jamais ; du moins, à l'inverse de Charlot, sortent-ils moralement intacts de l'épreuve.
C'est Hal Roach qui eut l'idée d'assembler un gros (Hardy) et un maigre (Laurel) pour en faire un tandem comique. Ensemble, Laurel et Hardy ont fait plus de quatre-vingt-dix films
. Les meilleurs sont des courts métrages du muet et du début du parlant : Son Altesse Royale (Double Whoopee, 1929), Œil pour œil (Big Business, 1929), Livreurs, sachez livrer (Music Box, 1932), Maison de tout repos (County Hospital, 1932)... Parmi les longs métrages : Fra Diavolo (The Devil's Brother, 1933), où le burlesque se mêle à l'opérette ; Les Compagnons de la Nouba (Sons of the Desert, 1934) ; C'est donc ton frère (Our Relation, 1936), sur le thème des jumeaux ; et surtout Têtes de pioche (Block Heads, 1938), où Laurel, retrouvant Hardy vingt ans après la fin de la guerre, détruit involontairement la voiture de son ami, saccage son appartement et anéantit son foyer. Après 1942, victimes de la concurrence des médiocres Abott et Costello, ils s'essoufflent et finissent sur le catastrophique Atoll K (1951) où, vieillis et malades, ils n'ont même plus la vedette.
Photographie
Laurel et Hardy Les comédiens Stan Laurel (1890-1965) et Oliver Hardy (1892-1957), en costume marin, ont une curieuse manière de jouer aux dames dans le film de James Parrot Les Bons Petits Diables (Brats), en 1930.
Crédits: Hulton Getty Consulter
Jean TULARD
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