Phénomène littéraire en quelque sorte, Langston Hughes l'est non seulement parce qu'il a pratiqué tous les genres, y compris la comédie musicale, mais parce qu'il est l'un des premiers Noirs américains à avoir vécu de sa plume et, sans conteste, celui qui a le plus œuvré pour faire connaître les productions culturelles de ses congénères du monde entier par ses recueils, anthologies, traductions, articles et contacts personnels.
Sa production littéraire représente l'aspect essentiel des activités de cet infatigable militant dont témoignent deux autobiographies, The Big Sea (1940 ; Les Grandes Profondeurs, 1946) et I Wonder as I Wander (1956 ; « Plus je bouge, plus je m'interroge »). Cette œuvre reflète assez fidèlement le statut changeant de la communauté noire, ses richesses et ses difficultés. Elle s'applique surtout à revaloriser et à mettre en pratique l'héritage de l'oralité et du folklore : blues, jazz, ballades, parler du peuple ; elle emprunte plus volontiers ses thèmes et ses personnages à l'univers de la rue qu'aux milieux de la bourgeoisie noire.
Hughes naquit à Joplin, dans le Missouri, le 1er février 1902 ; sa petite enfance se déroula dans une demi-douzaine de villes du Middle West et il quitta le collège en 1916. Cinq ans plus tard, il entrait à l'Université et publiait son premier poème, le célèbre Le Noir parle des fleuves, dans la revue The Crisis. Il devait voyager quatre ans en Europe et en Afrique avant de remporter les prix de poésie, dont celui d'Opportunity en 1925, et de publier les recueils qui consacrèrent sa réputation de poète majeur de la renaissance de Harlem : The Weary Blues (1926 ; « Les Blues du désespoir ») et Fine Clothes to the Jew (1927 ; « De beaux habits au clou »).
Homme de gauche, Hughes milita pendant la crise économique non seulement en faveur des Noirs faussement accusés de viol à Scottsboro (sa pièce sur ce thème tint longtemps l'affiche), mais contre l'exploitation capitaliste, le franquisme et le fascisme. Ses sympathies communistes (il […]
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