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ART SACRÉ L', revue

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2.  L'avant-guerre (1937-1939)

De Pierre Couturier (père Marie-Alain Couturier, 1897-1954), peintre et verrier venu des Ateliers d'art sacré qui s'adonna à son activité jusqu'à sa mort, on connaît surtout l'engagement auprès d'artistes comme Matisse ou Léger. Raymond Régamey (père Pie Régamey, 1900-1996), venu du protestantisme, était historien de l'art. Grands spirituels, fort dissemblables mais très liés depuis leurs études dominicaines, les deux hommes changèrent l'orientation de la revue qui se proposa désormais de favoriser la renaissance de l'art chrétien en formant le goût et le discernement de ses lecteurs (des prêtres tout particulièrement), en les sensibilisant à la valeur religieuse des œuvres « modernes » (L'Art sacré, n0 15). L'Art sacré devenait un organe de réflexion artistique et de spiritualité.

La revue resta mensuelle ; elle conserva son comité de patronage et le système (sensiblement épuré) d'annonces publicitaires. Sa présentation fut améliorée, la qualité de son contenu s'affirma en des ensembles thématiques comprenant des articles de fond, des bibliographies, des chroniques sur l'actualité artistique, des tours d'horizon de revues européennes d'art religieux. Son autorité fut reconnue (on la chargea d'établir le Guide du Pavillon pontificalL'Art sacré, n0 21, 1937). Elle donna une large place à l'art « moderne », mais son approche restait assez timorée ; si elle prit ses distances vis-à-vis des réalisations des Chantiers du Cardinal, elle fut réservée dans sa présentation des expositions Artistes de ce temps et L'Art international indépendant qui en 1937 révélèrent l'art véritablement moderne (L'Art sacré, n0 23). L'art d'église semblait alors réservé aux seuls artistes chrétiens.

L'évolution se dessina en juillet 1939 avec l'exposition Vitraux et tapisseries (Petit Palais, Paris) conçue par J. Hébert-Stevens et P. Peugniez avec la collaboration du père Couturier. On y présentait côte à côte des œuvres sacrées et profanes émanant à la fois des Ateliers et d'artistes comme Braque, Rouault, Gromaire, Lurçat. Lorsqu'il visita l'exposition, l'abbé Devémy, le curé de l'église d'Assy (Haute-Savoie), alors en construction, demanda à Rouault, qui accepta, un vitrail pour son église.

Mais la guerre arrêta la revue en août 1939 ; les thèmes qui devaient s'épanouir plus tard y avaient été esquissés : pour être religieux l'art devait être « bon » et « de son temps » ; il n'existait pas d'art spécifiquement religieux.

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« ART SACRÉ L', revue » est également traité dans :

RÉGAMEY RAYMOND (1900-1996)

Écrit par :  Françoise CAUSSÉ

…  père Marie-Alain Couturier. En juillet 1936, il était assigné au couvent de Saint-Jacques à Paris. *L'année 1937 inaugura l'aventure de la revue L'Art sacré fondée par Joseph Pichard en 1935, passée aux éditions du Cerf en 1937 et qu'il devait diriger avec le P. Couturier jusqu'en 1954. Mais son domaine privilégié restait celui de la… Lire la suite

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