Capitale du territoire administratif homonyme de la fédération de Russie situé en Sibérie orientale (2,3 millions de kilomètres carrés, 2 908 550 hab. au recensement de 2002), Krasnoïarsk, construite sur les deux rives de l'Ienisseï, comptait 920 000 habitants en 2006, alors qu'elle n'en avait que 190 000 en 1939.
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La ville, créée sous le nom de Krasnyi Iar en 1628 pour servir de forteresse russe ainsi que de centre de traite des fourrures, devint la capitale des pays de la steppe arborée situés entre la lisière méridionale de la taïga et les monts Saïan ; elle fut à partir de 1822 le siège du « gouvernement » de l'Ienisseï. Mais la population de la cité ne s'accrut rapidement qu'après la mise en exploitation des gîtes aurifères et du désenclavement de la ville par le Transsibérien en 1896. Les Soviétiques firent ensuite de Krasnoïarsk, ancien centre de déportation des opposants au régime tsariste, un centre d'industrie lourde.
Ces industries disposent de sources d'énergie abondantes : lignite du bassin Kansk-Atchinsk, dont la ville occupe le centre, pétrole du Second-Bakou et de la moyenne vallée de l'Ob acheminé par oléoduc, électricité de la centrale hydraulique de Krasnoïarsk (production moyenne annuelle de 20 milliards de kWh dans les années 2000). Aussi les industries grandes consommatrices d'énergie comme l'industrie de l'aluminium ont-elles leur place aux côtés des constructions mécaniques, des chantiers navals, de l'électronique, des biens de consommation (téléviseurs, électroménager), mais la production de ces derniers a du mal à survivre face à la concurrence des usines, rénovées, de l'ouest du pays.
La ville est flanquée de deux villes secrètes, Krasnoïarsk-26 et Krasnoïarsk-45, spécialisées dans la production de plutonium, le retraitement des déchets nucléaires et la fabrication de satellites.
Pierre CARRIÈRE
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