On assimile habituellement le kitsch au mauvais goût, au tape-à-l'œil, à la pacotille, à tout ce qui est lourd, criard, clinquant, convenu – chromos, souvenirs touristiques, artisanat d'aéroport et autres Joconde en plastique. Pourtant, force est de constater, si l'on y regarde de plus près, qu'il existe une spécificité du kitsch – dont aucune des caractéristiques, précisons-le, ne fonctionne isolément.
La primauté de la forme d'abord : l'objet kitsch se situe à l'opposé de l'idéal prôné, tant pour l'architecture que pour le design, par le Mouvement moderne dès les années 1920, et selon lequel « la forme suit la fonction ». Le kitsch s'annonce dès que la forme s'écarte de la dimension utilitaire pour devenir décorative, ou transmettre des émotions, des valeurs.
L'hétérogénéité sémantique ensuite : réfractaire à la règle de l'unité, l'objet kitsch est souvent constitué d'éléments appartenant à des univers sans rapport entre eux (poivrier en forme de tour Eiffel, coquillage utilisé comme cendrier, horloge à coucou).
Puis vient l'inauthenticité, au sens matériel (faux bois, faux marbre […]
Autres références
« KITSCH » est également traité dans :
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ARCHITECTURE CONTEMPORAINE - Une architecture plurielle
Auteurs :
Joseph ABRAM, Kenneth FRAMPTON, Jacques SAUTEREAU
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ART ET CULTURE, Clement Greenberg
Auteur :
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*L'article « Avant-garde et kitsch » a été écrit à un moment historique crucial (1939), celui de la catastrophe annoncée de la barbarie nazie, et publié dans Partisan Review, revue de la gauche intellectuelle antistalinienne marquée par le trotskisme. Clement Greenberg y soutient, dans une approche qui se veut marxiste, que la crise…
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PICABIA FRANCIS (1879-1953)
Auteur :
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Dans le chapitre "La peinture : grandeur et servitude" : …
usage, celui de ne plus rien devenir d'autre que cette « machine attelée à une autre machine ». *La couleur qui est dans ces toiles l'une des seules parts d'arbitraire que puisse s'autoriser Picabia renforce par les teintes outrées le kitsch de ces mises en scène, très peu bien-pensantes, qui utilisent tous les poncifs d'un érotisme de bas-étage…
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PIERRE & GILLES
Auteur :
Bénédicte RAMADE
la cérémonie, l'activité photo-picturale du duo Pierre & Gilles entretient ce charme suranné. *Toutes les pièces sont de surcroît uniques et marquées par le style du couple, profondément kitsch, outrageusement reconnaissable. « Pierre & Gilles » est devenu une marque autant qu'un style, jouant de la surcharge et du cliché. Couleurs trop…
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Bibliographie
H. Broch, Création littéraire et connaissance : essais, éd. et introd. de H. Arendt, trad. de l'allemand par A. Kohn, coll. Tel, Gallimard, Paris, 1966 (éd. or. Dichten und Erkennen, 1955)
G. Dorfles, Le Kitsch : un catalogue raisonné du mauvais goût, trad. de l'italien par P. Alexandre, Complexe, Bruxelles, 1978 (éd. or. 1969)
J. Duvignaud, B.-K., baroque et kitsch : imaginaires de rupture, Actes sud, Arles, 1997
J.-Y. Jouannais, Des Nains, des jardins : essai sur le kitsch pavillonnaire, Hazan, Paris, 1999 (nouvelle éd. revue et augmentée
éd. or. 1993)
M. Kundera, L'Insoutenable Légèreté de l'être, trad. du tchèque par F. Kérel, coll. Du monde entier, Gallimard, Paris, 1991 (nouvelle éd. revue par l'auteur
éd. or. 1984)
E. Le Grand dir., Séductions du kitsch : roman, art et culture, XYZ éd., Montréal, 1996
A. Moles, Psychologie du kitsch : l'art du bonheur, Denoël-Gonthier, Paris, 1976 (nouvelle éd. revue par É. Rohmer
éd. or. 1971).
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