Navigateur français entré dans la marine en 1807. La carrière de Dumont d'Urville se déroule pour l'essentiel pendant la Restauration et la monarchie de Juillet, époque à laquelle se multiplient les missions hydrographiques destinées à compléter et à préciser les connaissances acquises par les grandes expéditions maritimes du siècle précédent. Au cours d'une croisière en Méditerranée orientale, l'occasion lui est donnée de voir puis de faire acheter la Vénus de Milo qui venait d'être découverte (1820). De 1822 à 1825, il effectue un tour du monde sur la gabare la Coquille que commande le lieutenant de vaisseau Duperrey. Mais ce sont deux grands voyages dans le Pacifique qui assurent sa réputation. Le premier, de 1826 à 1829, à bord de la Coquille rebaptisée l'Astrolabe, lui permet de retrouver, en 1828, les traces du naufrage de Lapérouse à partir de renseignements fournis par le capitaine anglais Peter Dillon ; lors du second, de 1837 à 1840, avec l'Astrolabe et la Zélée, il découvre une partie de l'Antarctique qu'il nomme terre Adélie en hommage à sa femme Adèle (janvier 1840). Le bilan scientifique de ces deux expéditions est considérable, notamment en ce qui concerne la cartographie, l'ethnographie et l'histoire naturelle de l'Océanie. Nommé contre-amiral à son retour en France, il meurt dans la catastrophe ferroviaire de la ligne Paris-Versailles. Caractère hautain et susceptible, mais forte personnalité au savoir encyclopédique, Dumont d'Urville domine incontestablement l'exploration maritime française de la première moitié du xixe siècle.
Jean-Marcel CHAMPION
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