Née à la Martinique, Marie-Josèphe Rose Tascher de La Pagerie appartenait à une famille installée « aux Isles » depuis un demi-siècle. Elle mena jusqu'à seize ans une existence libre et oisive comme les jeunes créoles d'une époque peu exigeante en matière de moralité. Elle épousa, en France, le chevalier Alexandre de Beauharnais le 13 décembre 1779. Ce mariage décevant se termina six ans plus tard, après la naissance d'Eugène et d'Hortense, par une séparation de corps. À vingt-deux ans, Rose commençait dans la haute société parisienne une carrière de mondaine désargentée, criblée de dettes et talonnée par les créanciers. Cette solide formation lui servira plus tard. Sous la Révolution, elle est arrêtée et attend en compagnie de son mari l'arrêt du tribunal révolutionnaire qui l'épargne tandis que Beauharnais est guillotiné. En coquetterie avec Hoche, elle est comme lui libérée par le 9-Thermidor. Elle ne tarde pas à devenir la maîtresse de Barras puis du jeune général Bonaparte. Commandant en chef de l'armée de l'intérieur, celui-ci épouse Rose quelques jours avant de partir pour la campagne d'Italie. Commence alors pour Rose, devenue Joséphine, une destinée où l'ironie le dispu […]
