Principal adepte du Journal filmé en France, Joseph Morder se tient à la frontière des genres, entre documentaire, film expérimental et fiction. Son aventure débute à la fin des années 1960. Elle se poursuit encore, avec quelque huit cents films de tout métrage à son actif, la plupart tournés en super-8, son format favori. Il avoue être peu marqué par Jonas Mekas dont il découvre les films tardivement. Il se dit, en revanche, influencé parDavid Holzman's Diary, de Jim McBride (1967), un faux journal joué par des acteurs, et par Heroes, de Frederick Becker (1974), dans lequel le réalisateur reprend des films amateurs, tournés au sein d'une famille américaine entre 1940 et 1970, auquel il donne une continuité dramatique par le commentaire. La filmographie de Morder constitue la tentative la plus aboutie pour composer un monumental autoportrait.
Né à Trinidad, Joseph Morder, d'origine juive polonaise, passe son enfance, entre 1952 et 1962, à Guayaquil (Équateur) où il se prend d'une passion dévorante pour le cinéma, et plus particulièrement le mélodrame. La difficulté de lire, enfant, les sous-titres l'oblige à accorder une attention particulière a […]
