Cinq oscars, un nom inséparable de Star Wars et des aventures d'Indiana Jones : compositeur, arrangeur et chef d'orchestre, l'Américain John Williams s'est affirmé comme un des maîtres de la musique hollywoodienne. Dans les années 1970, Hollywood voit le retour des superproductions et des « films catastrophe », dont l'accompagnement exige une musique renouant avec la tradition symphonique illustrée autrefois par des compositeurs comme Erich Wolfgang Korngold ou Max Steiner, et depuis lors tombée en désuétude. John Williams sera le premier à faire revivre cette tradition, tout en la revisitant, la musique de film devant à ses yeux faire corps avec l'œuvre cinématographique sans pour autant perdre son autonomie.
Né à Floral Park (Long Island, New York) le 8 février 1932, John Towner Williams se passionne pour la musique dès sa plus tendre enfance. Il étudie à la Juilliard School of Music de New York, joue comme pianiste dans des clubs de jazz et des studios d'enregistrement, fait des arrangements pour la télévision... C'est au début des années 1960 qu'il intègre le cercle fermé des compositeurs de cinéma. On le retrouve ainsi aux côtés de Don Siegel pour The Killers (À bout portant, 1964), de William Wyler pour Comment voler un million de dollars (1966), de Norman Jewison pour Un violon sur le toit (1971), qui lui vaut un oscar pour son adaptation de la partition originale de Jerry Bock, de Robert Altman pour Images (1972), de Ronald Neame pour L'Aventure du Poséidon (1972), de Steven Spielberg pour The Sugarland Express (1974), de John Guillermin pour La Tour infernale (1974). Mais c'est Jaws (Les Dents de la mer) de Spielberg qui, en 1975, lui apporte la notoriété internationale, et son premier oscar de la meilleure musique de film. Cette bande originale est exemplaire par sa construction dynamique autour d'un thème central symbolisant le requin, la trame musicale du film étant tout entière conçue comme l'accompagnement d'un seul « personnage » : le mangeur d'hommes, que les rythmes lancinants et répétitifs aux bois e […]
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