4. Apport à l'hymnologie protestante
L'apport de Schein à la musique fonctionnelle protestante est considérable, et reflète la pratique liturgique luthérienne dans les deux églises de Leipzig. La première édition de son Cantional, en 1627, supervisée par Tobias Michael, comprend 286 chorals luthériens ; la seconde (posthume), de 1645, en contiendra 313 (dont 235 de quatre à six voix), parmi lesquels 62 sont de Schein (texte, mélodie et harmonisation). Le style a été simplifié, il reste fonctionnel, c'est-à-dire parfaitement adapté au chant des fidèles. Ses harmonisations seront reprises ultérieurement dans de nombreux recueils, pour les différents moments de l'année liturgique.
Schein apparaît comme le plus « italianisant » des « trois S », comme un compositeur prolifique – malgré sa brève existence – au service de la musique vocale concertante, de la musique liturgique luthérienne et de la musique profane et instrumentale. Le cantor de Saint-Thomas, après une brillante carrière, a laissé une œuvre de synthèse entre le style italien et le prébaroque allemand, respectueux des traditions tout en recherchant une ouverture esthétique. Il a donné une impulsion durable au style concertant (par ses concerts spirituels), à la chanson profane et spirituelle, au répertoire de chorals fonctionnels et à la forme de la suite. Son œuvre marque la transition de l'art du motet issu de l'école dite franco-flamande vers la nouvelle esthétique italienne, qu'il a su adapter à la sensibilité de son pays ; en ce sens, il apparaît comme le premier musicien « baroque » allemand.
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