3. Les décorations du Louvre
À la même époque, le sculpteur travaillait sous la direction de Pierre Lescot aux décorations du Louvre. En 1548 ou au début de 1549, il acheva ses allégories de La Guerre et de La Paix, deux bas-reliefs qui flanquent l'œil-de-bœuf de la façade du vieux Louvre (cour Carrée). Plus tard, en décembre 1549, il fut également chargé des allégories de L'Histoire, de La Victoire, de La Renommée, de La Gloire du roi, bas-reliefs des avant-corps latéraux de la façade (encore en place actuellement).
Il sculpta en outre pour le Louvre, en 1550-1551, la tribune des Caryatides ; en 1552, des statues pour la cheminée du cabinet de l'Attique dans l'aile occidentale et enfin, en 1555-1556, certains bas-reliefs de l'escalier d'Henri II ; en paiements de ces travaux, il reçut des sommes importantes jusqu'en 1562. Goujon avait certainement un atelier et des élèves qui l'aidaient. L'œuvre la plus importante de ce programme est sans doute la tribune des Caryatides. Les quatre statues, d'ailleurs les seules sculptures en ronde-bosse exécutées par Goujon, témoignent d'un style antiquisant qui semble dépasser les modèles de la Renaissance italienne.
Goujon a peut-être travaillé aussi vers 1550 à la décoration de l'hôtel Carnavalet (autrefois hôtel Ligneris), mais on ne possède aucun document sur les travaux de ce chantier qui se montrent en certaines parties de qualité différente. L'attribution à Goujon de la décoration de la chapelle du château d'Anet et surtout du groupe de la Diane d'Anet (musée du Louvre), tenue pour un des chefs-d'œuvre de l'artiste, ne semble pas justifiée. Cette attribution erronée fut proposée par l'archéologue Alexandre Lenoir et reprise tout au long du xixe siècle.
Architecte, sculpteur, Jean Goujon a réalisé aussi des gravures sur bois qui illustrent la première édition française des Dix Livres d'architecture de Vitruve, traduits en 1547 par l'humaniste Jean Martin, secrétaire du cardinal de Lenoncourt.
On ignore la date de la mort de Jean Goujon, mais il est vraisemblable qu'il se soit réfugié, étant protestant, à Bologne, où il serait mort entre 1562 et 1569.
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