Troisième fils de Jean II le Bon, roi de France, et de Bonne de Luxembourg (eux-mêmes amateurs d'art), Jean devient comte de Poitiers en 1356 et duc de Berry en 1360. Otage en Angleterre, pour le paiement de la rançon de Jean le Bon, le duc de Berry fut un homme politique sans envergure et un médiocre administrateur, de surcroît fort impopulaire en raison des appétits financiers qu'exacerbaient sa passion de collectionneur et son goût du faste. Il profita de la minorité, puis de la maladie de son neveu Charles VI pour puiser largement dans le trésor royal. Comme son frère, le duc de Bourgogne Philippe le Hardi, il attaqua au Conseil royal la cause du pape Benoît XIII, mais c'est en vain qu'il s'opposa en 1403 à la restitution d'obédience de la France à ce pape, décidée sous l'influence du jeune duc Louis d'Orléans, frère du roi.
Entre Orléans et Bourgogne, le duc de Berry tenta ensuite de jouer le rôle d'un médiateur. Sa pusillanimité, manifeste au lendemain de l'assassinat de Louis d'Orléans sur ordre du duc de Bourgogne, déçut ceux qui avaient vu en lui un arbitre possible ; il fut amené, en 1410, à se ranger purement et simplement aux côtés de Bernard d'Armagnac, son ge […]
