Cadet des quatre fils musiciens de Jean-Sébastien Bach, Jean-Chrétien, né à Leipzig, n'a que quinze ans lorsque son père meurt ; il n'a pu bénéficier au même titre que ses demi-frères Wilhelm Friedemann et Carl Philipp Emanuel, d'une génération plus âgés que lui, de l'influence et des conseils paternels. Il est alors envoyé à Berlin chez Carl Philipp Emanuel, membre de la chapelle royale de Prusse, et en reçoit une solide formation de claveciniste et de compositeur, tout en découvrant avec Graun, Hasse et Agricola les délices de l'opéra italien. Vers 1754, tant pour échapper au milieu familial que pour découvrir de nouveaux horizons, il se rend en Italie (voyage qu'avant lui aucun Bach n'a effectué) et, grâce à une bourse du comte Litta, de Milan, peut prendre des leçons auprès du fameux padre Martini, à Bologne. Pour obtenir le poste d'organiste de la cathédrale de Milan, il se convertit au catholicisme et, bientôt, se met à écrire des opéras (ni son père ni ses frères n'en composèrent un seul). De cette époque datent également la plupart de ses ouvrages religieux. En 1761, il entre en relation avec Londres, où il arrive en 1762, engagé comme compositeur d'opéras italiens au King's Theatre pour la saison 1762-1763 : en février 1763, son Orione obtient un grand succès. La même année, il est nommé maître de musique de la jeune reine, née princesse de Mecklembourg, et occupera cette situation jusqu'à sa mort. En 1764, c'est lui qui introduit à la cour le jeune Mozart, âgé de huit ans. Premier Bach cosmopolite, Jean-Chrétien est aussi le premier Bach mondain. Il participe pendant vingt ans à une vie musicale et théâtrale intense, dirigeant à partir de 1764, avec le gambiste Karl Friedrich Abel, les concerts par abonnements « Bach-Abel », faisant chaque mercredi de la musique chez la reine, introduisant en Angleterre l'instrument nouveau qu'est le piano-forte. Il fait deux voyages à Mannheim, en 1772 et en 1776, et un à Paris, en 1778 (où il rencontre Mozart pour la deuxième fois), pour les créations re […]
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