Jean Bedel Bokassa naît en 1921 à Bobangui, dans l'ancien Oubangui-Chari, un des quatre territoires de l'Afrique-Équatoriale française qualifiée autrefois de « Cendrillon de l'empire français ». Orphelin à six ans, il est élevé par les missionnaires. En 1939, la carrière militaire s'offre naturellement à lui, et il fait partie des premières Forces françaises libres (1940). Une fidélité des premiers jours à la France et à son armée qui pèsera lourd auprès de la classe politique française. Il s'enorgueillit d'être le libérateur de la France (débarquement de Provence, 1944) et le défenseur de son intégrité territoriale (guerres d'Indochine et d'Algérie). Une formation à l'école militaire de Saint-Louis (Sénégal, 1947-1948) et au centre d'entraînement de Châlons-sur-Marne (1950) en a fait un de ces sous-lieutenants dont l'armée française a besoin pour servir outre-mer.
À l'indépendance de son pays, rebaptisé Centrafrique (13 août 1960), Bokassa n'a pas à choisir la France, puisque celle-ci est toujours présente sous la forme d'une mission de coopération civile et militaire. Décoré de la Légion d'honneur et de la croix de guerre, il quitte l'armée française avec le grade de capitaine pour être affecté dans la jeune armée centrafricaine (1962), dont il est nommé commandant en chef par son cousin, le président David Dacko (1964). Sa seule famille reste la chose militaire. Le « coup d'État de la Saint-Sylvestre », à Bangui (31 décembre 1965), n'est qu'une demi-surprise, car le rapprochement de Dacko avec la Chine populaire a fortement mécontenté la France, qui a fait du Centrafrique le cœur de son dispositif militaire dans la région.
Chef de l'État et des armées, Bokassa se devait d'en avoir les distinctions les plus hautes. De colonel (1966) à général, puis maréchal et président à vie (1972), il en vient à se faire proclamer empereur (4 décembre 1976). Les formes sont respectées car une Constitution est votée avec la complicité du parti unique. Un an plus tard, son couronnement, sous le nom d […]
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