Accueil - Boutique - Contact - Assistance
Zone de recherche

Altas Auteurs Recherche thématique Dictionnaire
 

KADARÉ ISMAÏL (1936- )

Page précédente Page suivante

2.  De l'esquive à la subversion

Ismail Kadaré affirme avoir écrit, en trois mois, Une Ville sans enseignes (1959), pour se prouver à lui-même qu'il est capable de bâtir un roman. Il y montre l'ennui qui règne dans une petite ville et l'amoralité de jeunes enseignants staliniens et zélés. Ceux-ci, cherchant à prouver que les premiers textes en albanais ne sont pas de nature religieuse mais que le plus ancien est un écrit laïc et quasi révolutionnaire, fabriquent un faux de toutes pièces. Le roman ne sera publié en albanais qu'en 1998. L'auteur affirme que, dans sa jeunesse, il a cru au communisme et qu'il n'a commencé à craindre le régime qu'en 1967, lors de la révolution culturelle. Dans une certaine insouciance, Kadaré compose alors des ouvrages hors normes. Les romans Le Général de l'armée morte (1963) et Le Monstre (1965) correspondent à une période de liberté intérieure juvénile où l'écrivain découvre ses pouvoirs. Le premier, par son grave et macabre sujet, ainsi que par son climat onirique, surprend. Sous un ciel albanais éternellement pluvieux, un militaire et un prêtre italiens président à l'exhumation des soldats tombés lors de la Seconde Guerre mondiale. Le récit est focalisé sur ces deux personnages fort complexes, pour lesquels le narrateur ne manifeste aucune haine. Si ce roman esquive les principes du réalisme socialiste, le suivant, Le Monstre, les heurte de front. Il narre l'histoire, en les mêlant étroitement, du siège de Troie dans l'Antiquité, et de Tirana à l'époque contemporaine, après la rupture avec les Soviétiques. L'ouvrage est interdit. L'écrivain doit rechercher une voie plus classique.

Alors que sévit la révolution culturelle dans l'Albanie maoïste, Kadaré va donner le seul roman qu'il juge correspondre aux canons du réalisme socialiste. Il s'agit de Noces (1967), qui a pour cadre le chantier de construction d'une ville nouvelle, théâtre des changements de mœurs qu'apporte le progrès. Puis, il publie Les Tambours de la pluie (1970), qu'il qual […]

… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 3 pages… Offre essai 7 jours

Thématique

Classification thématique de cet article :

Retour en haut

Autres références

« KADARÉ ISMAÏL (1936- ) » est également traité dans :

ALBANIE

Écrit par :  Anne-Marie AUTISSIEROdile DANIELChristian GUTEdith LHOMEL Universalis

Dans le chapitre "Le poids du totalitarisme"  : …  un instrument de propagande pour le parti, aux prescriptions duquel tout écrivain se doit d'obéir.* Ismaïl Kadaré, né en 1936, émerge comme une figure qui a pu sauvegarder la création littéraire à travers maints subterfuges et symboles que les censeurs ne pouvaient ni comprendre ni interpréter. Kadaré est traduit dans le monde entier. D'abord… Lire la suite
LE CRÉPUSCULE DES DIEUX DE LA STEPPE, Ismaïl Kadaré

Écrit par :  Jacques JOUET

IsmaïlKadaré *« Chez nous, la parole donnée, la bessa, est quelque chose d'absolu, et la violer est la plus grave des ignominies [...]. On dit que même le chêne, s'il trahit la confiance qu'on lui a faite, voit ses branches se dessécher », affirme l'écrivain albanais Ismaïl Kadaré (né enLire la suite

Retour en haut

Accueil - Contact - À propos
Consulter les articles d'Encyclopædia Universalis : 0-9 A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
Consulter les articles d'Encyclopædia Britannica.
© 2012, Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés.

chargement du média